Si nuestra relación con el mundo actual está marcada por la exigencia de una reflexión bioética, ¿por qué la mundialización puede afirmarse como un objeto de reflexión en este campo? En un primer sentido, este interés se refiere a su determinación terminológica y, en forma más rigurosa, a la yuxtaposición de la mundialización y de la globalización. La dificultad consiste en tomar posición frente al hecho de saber si se trata de un doble uso para denominar una misma realidad o si, por el contrario, es necesario distinguir los dos términos y considerar la mundialización como una realidad nueva. El término de globalización utilizado por primera vez por Théodore Levitt en 1983, remite a la convergencia de los mercados del mundo entero y al surgimiento de una sociedad global que vende la misma cosa, de la misma manera y en el mundo entero, como si éste se convirtiera en una entidad única [1]. Esta globalización que da cuenta de estrategias económicas sobre el mundo considerado como sistema, se define a partir de tres principios: la des-intermediación que hace abstracción de las realidades nacionales, la liberalización de los mercados que se extienden a nivel global y, por último, la des-reglamentación de los cambios. Esto se manifiesta entonces en una conexión planetaria mediante el desarrollo de las nuevas tecnologías y la repercusión mundial de las decisiones y fluctuaciones económicas.
La mundialización, al igual que la globalización, es un proceso en vías de mundialidad y no de globalidad. El proceso se presenta aquí como una dinámica en devenir que permanece por ahora inacabado y cuya naturaleza, tal vez, es permanecer inacabada. Lo que distingue los dos términos, y le da una verdadera razón de ser a la mundialización, es la idea de que esta última se caracteriza por una interdependencia de diferentes campos y de realidades plurales distantes en el espacio. Esto significa que la mundialización no consiste en la influencia de una realidad cuyos efectos se hacen sentir a la escala del globo, sino en una relación simultánea entre diversas realidades. Es decir, la globalización marca la extensión de un modelo económico, en etapas sucesivas, mientras que la mundialización se caracteriza por la simultaneidad de hechos que se cruzan, se entrecruzan, que introducen en el mundo una red entre los individuos y sobre una multitud de planos interdependientes. Por este motivo, esta nueva relación con el mundo se caracteriza, en primer lugar, por una acción recíproca entre diversos actores y a escala mundial.
En consecuencia, esta distinción conceptual marca desafíos para la bioética, en el campo económico, religioso, cultural y filosófico. En efecto, se trata de preguntarse si los principios de la bioética provienen de un mismo modelo posible de ser globalizado o si, por el contrario, los desafíos de la bioética deben tener en cuenta la singularidad de los contextos, lo que nos llevaría a hablar de relaciones entre realidades distintas, a escala mundial. Lo que está en juego aquí es saber si la bioética responde a lo universal o se inscribe en lo singular.
[1] Théodore Levitt, “The globalization of markets”, Harvard Business review, Harvard, mai-juin, 1983, pp. 92-93. |
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Si notre rapport au monde actuel est marque l'exigence d'une réflexion sur la bio-éthique, pourquoi la mondialisation peut s'affirmer comme un objet de réflexion dans ce domaine ? En un premier sens, cet intérêt porte sur sa détermination terminologique, et plus rigoureusement sur la juxtaposition de la mondialisation et de la globalisation. La difficulté consiste à prendre position sur le fait de savoir s'il s'agit ici d'un double usage pour dénommer une même réalité ou si, bien au contraire, il est nécessaire de distinguer les deux termes et de considérer la mondialisation comme une réalité nouvelle. Le terme de globalisation utilisé pour la première fois par Théodore Levitt en 1983, renvoie à la convergence des marchés du monde entier, faisant surgir une société globale qui vend la même chose, de la même manière et cela dans le monde entier comme si celui-ci devenait une entité unique[1]. Cette globalisation qui rend compte de stratégies économiques sur le monde pris comme système, se définit à partir de trois principes: la désintermédiation qui fait abstraction des réalités nationales, le décloisonnement des marchés qui s'étendent à un niveau globale, et enfin la déréglementation des changes. Cela se décline alors en une connexion planétaire par le biais du développement des nouvelles technologies, et en répercussion mondiale des décisions et fluctuations économiques.
La mondialisation, au même titre que la globalisation est un processus en voie de mondialité et non de globalité. Le processus se présente ici comme une dynamique en devenir qui reste pour l'instant inachevé et dont peut-être la nature est de rester inachevée. Ce qui distingue les deux termes et qui donne une véritable raison d'être à la mondialisation, c'est l'idée que cette dernière se caractérise par une interdépendance à la fois de différents domaines et de réalités plurielles distantes dans l'espace. Cela signifie que la mondialisation ne consiste pas dans l'influence d'une réalité dont les effets se font sentir à l'échelle du globe, mais dans une relation simultanée entre diverses réalités. Autrement dit, la globalisation marque l'extension d'un modèle économique, par étapes successives, alors que la mondialisation se caractérise par la simultanéité de faits qui se croisent, s'entrecroisent, introduisant dans le monde un réseau entre les individus et cela sur une multitude de plans qui sont interdépendants. C'est pourquoi, ce nouveau rapport au monde se caractérise en premier lieu par une action réciproque entre divers acteurs et cela à l'échelle du monde.
Du coup, cette distinction conceptuelle marque des enjeux pour la bio-éthique, dans le domaine économique, religieux, culturel et philosophique. En effet, il s'agit de se demander si les principes de la bio-éthique proviennent d'un même modèle qu'il est possible de globaliser ou bien si au contraire les défis de la bio-éthique doivent prendre en compte la singularité des contextes, ce qui nous amènerait alors à parler de relations entre réalités distinctes, à l'échèlle mondiale. Ce qui est en jeu ici, c'est de savoir si la bio-éthique répond à l'universel ou bien s'inscrit dans le singulier.
[1] Théodore Levitt, “The globalization of markets”, Harvard Business review, Harvard, mai-juin, 1983, pp. 92-93. |